Le monde d'Artamène

Monstres dans l'«Alaric»


De même que dans le Grand Cyrus et dans Le cabinet de Monsieur de Scudéry, des monstres sanguinaires apparaissent aussi dans l’Alaric (1654), épopée de Georges de Scudéry. Deux passages présentent des détails rappelant étonnamment les descriptions du crocodile proposées dans le roman :

Le premier passage, racontant la mise à mort d’un grand ours, se trouve au livre II, vers 1153 et suivants :

Il le choisit au ventre, où la peau n’est pas dure ; / La beste jette un cry, pour le mal qu’elle endure :/ Elle bondit en l’air, où perdant sa vigueur, / Elle retombe morte, aux pieds de son vainqueur.

On retrouve le choix du ventre correspondant à l’endroit le plus vulnérable du corps de l’animal, comme c’était le cas pour le crocodile qu'affronte Sesostris. Toutefois, dans l’Alaric, cela se justifie plus difficilement, puisque la peau de l’ours n’est pas cuirassée comme celle du crocodile. On peut remarquer également que, comme dans le Grand Cyrus et le Cabinet de Monsieur de Scudéry, l’animal saute en l’air avant de retomber mort.

Un deuxième passage décrit le serpent qui garde la grotte de la Sibille, livre X, vers 9459 et suivants :

Et comme on peut le suivre, un grand et fier serpent, / A longs plis ondoyant sur la roche rempant,/ Montre d’azur et d’or sa belle peau couverte ;/ Ses yeux rouges de feu sous une escaille verte ;/ Et comme l’Arc de l’Iris, ou tel qu’on voit les fleurs,/ D’un esclat variant il fait voir cent couleurs./ Il siffle horriblement contre ceux qu’il regarde :/ Et d’une triple langue à tous moments il darde.

Ce serpent ressemble fortement à celui décrit dans le Cabinet de Monsieur de Scudéry, rampant sur la roche, fier, en sifflant, les yeux lançant des éclairs.




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