Le monde d'Artamène

Curiosités naturelles


Des notations d’histoire naturelle sont parsemées à travers le Grand Cyrus, en une variété s’étendant des animaux exotiques, comme le crocodile, aux éléments minéraux comme la malthe, produit utilisé pour enflammer les arbres lors de la bataille contre Tomiris (partie 10, livre 1), l'aimant, ou la pierre héliotrope (Cf. Pline). Souvent, il ne s’agit que de petites allusions suggérant que le détail est connu de tous : à la page 6143, il est question de

« ces beaux Oyseaux à qui le Phase donne son nom, et dont il y a une quantité prodigieuse sur ses Rives »

De même, à la page 5412, il y a une allusion au caméléon :

« et que se changeant de Ville en Ville, il face ce qu'on dit que fait cét Animal qui prend toutes les couleurs sur quoy il passe »

Parfois, l’information est développée jusqu’à devenir un élément important de l’histoire : la malthe est décrite en détail lors de son utilisation dans la mise en œuvre d’une ruse de guerre contre Tomiris (Cf. Pline). Les bains thermaux des Thermopyles partie 9, livre 3 sont le cadre d’un épisode de l’histoire de Pisistrate. Ces bains sont mentionnés par Hérodote (VII, 1, 76). Les détails géographiques correspondent précisément au texte d’Hérodote, mais toute la description du déroulement de la journée aux bains est fictive (Cf. textes sur la géographie des Thermopyles). Ce passage sera repris pour situer le cadre d'un texte publié dans un recueil de conversations paru en 1680 (Cf. La réutilisation des «Bains des Thermopyles»).

Tantôt ces passages sont extraits de textes antiques (les informations sur la malthe proviennent toutes de Pline), tantôt ils sont formés de mélanges d’informations tirées de plusieurs auteurs (c’est le cas pour le crocodile), tantôt ils apparaissent comme de petits détails pouvant faire partie de la culture générale des auteurs (comme le remarque sur le caméléon citée ci-dessus)

Il est difficile de comprendre comment ces informations ont pu être insérées dans le texte. En effet, pour quelle raison la mention des bains des Thermopyles intervient-elle au centre d’une histoire en grande partie inspirée par la Vie de Solon de Plutarque ? Qu’est-ce qui a pu amener les auteurs à se servir de manière assez ingénieuse du court passage de l’énorme œuvre de Pline sur une boue très inflammable pour enflammer une forêt dans une ruse de guerre? Faut-il y déceler l’influence d'œuvres intermédiaires ou ou doit-on mettre ces notations sur le compte d’une très grande érudition?

JR




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