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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Topographie de la retraite et son symbolisme


La configuration de la retraite scudérienne (des décors de jardins aux paysages naturels) est, comme dans Hypnérotomachia, ou le songe de Poliphile de Francesco Colonna, célébration des beautés universelles de la nature et de l’art mêlés ensemble (voir paysages bucoliques). Répondant aussi aux principes de l’esthétique néoplatonicienne, auxquels est attaché le nom de Marsile Ficin (1433-1499), pour qui il n’est de beauté que celle qui irradie une lumière souveraine (1), l’espace de la retraite se caractérise par sa luminosité, que renforcent le jeu contrasté d’ombre et de lumière, la présence de couleurs renvoyant au brillant des pierres précieuses et celle de décors d’eau artificiels et naturels (fontaines, jets, sources, ou encore « mille congelations admirables » comme dans la « merveilleuse grotte » de Belesis). Cette luminosité est aussi désignée sous le terme « thrésor » – dont l’emploi peut être métaphorique, traduisant l’extase ressentie à la vue d’une belle femme qui nous est introduite par le biais d’images solaires (le trope pétrarquiste « bel astre »), ou encore d' expressions, telles « merveilleuse apparition », « miracle », à résonnance presque mystique.

Bien souvent le héros en quête de solitude, de repos, s’aventurant loin du tumulte de la ville, ne sait pas que ses pas l’emmènent en terre « enchantée », en « un lieu si plein de charmes » (II, 3, 1178), parfois porteur du symbolisme d'une première rencontre. L’accès à la retraite, que celle-ci soit « bocage » dans un « bois-taillis » au cœur d’un parc ou d’un jardin, ou encore une cabane au milieu des rochers, peut être « un peu long et difficile » I, 3, 480), voire labyrinthique – emblématique par là-même de parcours initiatiques en amour, mais aussi d’une expérience spirituelle dans le cadre de la retraite anachorétique. Enfin, en choisissant comme cadre des paysages bucoliques pour certaines de ses retraites, Scudéry qui, ne se limite pas à la simple juxtaposition d’un locus amoenus et d’un locus terribilis à des fins esthétiques, imprègne son texte d’échos littéraires et picturaux du mythe d’Arcadie. Dans la tradition de la littérature pastorale, la retraite arcadienne n’est en effet pas exempte de tragique, voire de tragédies. En deux instances (la mort de Panthée et les deux tombeaux de Menestée) elle devient retraite sépulcrale, soit la métaphore de l’entrelacs thématique d’ amor et mors.

(1) Il en élabore la théorie dans Commentarium in convivium Platonis de amore. Pour une traduction de ce texte, voir Stephen Murphy (ed.), Le commentaire de Marsile Ficin sur "Le banquet" d'amour de Platon , traduit par Symon Silvius dit J. de La Haye, Paris: Honoré Champion, 2004, et plus particulièrement la seconde oraison, chapitre IX, pp. 67-8.

SGK



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