Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Textes sur la prise de Sardis


Hérodote I, 40, traduction de P. Du Ryer

« Quant à Sardis, elle fut prise par ce moyen. Le quatorzième jour après qu'on eut mis le siege devant cette place, Cyrus fit publier dans son camp, qu'il donneroit de grandes récompenses à celui qui monteroit le premier sur les murailles. Mais après qu'on eut tenté cela en vain, comme toute l'armée étoit endormie, un soldat de Mardie nommé Hyrcades, entreprit de monter du costé du chasteau où l'on ne posoit point de sentinelles, parce qu'il n'y avoit point d'apparence de prendre la ville par cet endroit, comme estant inaccessible. C'est pourquoi Mele premier Roy de Sardis n'avoit point fait porter en cet endroit Leon son fils qu'il avoit eu d'une concubine, bien que les Telmissiens eussent predit que la ville ne se pourroit jamais prendre par les costez où l'on auroit fait porter cet enfant. Il l'avoit fait porter par tous les endroits des murailles par où l'on pouvoit attaquer la forteresse, mais il avoit negligé de le faire passer par l'endroit qui regarde la montagne de Tmolus, s'imaginant qu'il estoit inaccessible, & qu'on ne l'attaqueroit jamais. Ce fut donc cet endroit que choisit Hyrcades. Il avoit veu le jour precedent qu'un Lydien en estoit descendu pour aller querir son casque qui estoit tombé, & après avoir pris garde que ce Lydien estoit monté par le même lieu. Ayant donc observé le chemin que l'autre avoit tenu pour descendre & pour remonter, il monta enfin sur la muraille de la forteresse, où il fut suivi d'abord par un petit nombre de Perses, & ensuite par une grande multitude. Ainsi la ville de Sardis fut prise & pillée, & voici ce qui arriva à Cresus (...) »

Xénophon, Cyropédie VII, 1-4

«(1) Quand les troupes de Cyrus eurent dîné et placé les sentinelles, comme le demandait la situation, elles allèrent se coucher. Quant à Crésus, il s’enfuit tout droit à Sardes avec son armée ; les autres peuples profitèrent de la nuit pour se retirer le plus loin possible sur la route de leur pays. (2) Au point du jour, Cyrus marcha aussitôt sur Sardes. Arrivé devant les remparts de la ville, il dressa ses machines et prépara ses échelles, comme pour l’attaquer. (3) Tout en dirigeant ces apprêts, il fit monter, la nuit suivante, des Chaldéens et des Perses à l’endroit des fortifications des Sardiens qui paraissaient le plus escarpé. Ils y furent guidés par un Perse qui avait été esclave d’un soldat en garnison dans l’acropole et qui connaissait le chemin à suivre pour descendre à la rivière et pour monter de là à la citadelle. (4) Quand ils surent que celle-ci était occupée, tous les Lydiens abandonnèrent les remparts et s’enfuirent dans la ville, chacun où il put. Avec le jour, Cyrus entra dans Sardes et défendit que personne ne s’écartât de son rang. »

Salluste, Bell. Jug. 92-94

«(92) Maître de nombreuses places, et le plus souvent sans pertes, il projette une autre affaire, moins rude que celle de Capsa, mais non moins difficile. Non loin de la rivière Mulucha, qui séparait les états de Jugurtha de ceux de Bocchus, était, au milieu d'un pays tout plaine, un rocher très haut, avec une plate-forme suffisante pour un petit fort, et un seul sentier très étroit pour arriver au faîte, taillé à pic par la nature ; il semblait avoir été travaillé de main d'homme, suivant un plan. Tel était le poste que Marius voulut prendre de vive force, parce qu'il renfermait le trésor de Jugurtha. La chose s'accomplit, grâce plus au hasard qu'à sa prévoyance. Il y avait dans le fort pas mal de soldats, une assez grande quantité d'armes et de blé, et une source. Les terrasses, les tours et autres machines de guerre ne pouvaient, dans l'affaire, servir à rien, le sentier menant au fort étant très étroit, avec des bords escarpés. C'est avec de gros risques et sans aucun profit qu'on poussait en avant les mantelets, car, pour peu qu'on les avançât, ils étaient détruits par le feu et les pierres. L'inégalité du terrain ne permettait pas aux soldats de rester devant leurs ouvrages, ni de servir sans danger sous les mantelets ; les plus braves étaient tués ou blessés, et l'effroi des autres en était accru. (93) Marius perdit là bien des journées et se donna en vain beaucoup de mal. Il se demandait avec anxiété s'il renoncerait à une entreprise qui s'avérait inutile, ou s'il devait compter sur la fortune, qui souvent l'avait favorisé. Il avait passé bien des jours et des nuits dans cette cruelle incertitude, quand par hasard, un Ligure, simple soldat des cohortes auxiliaires, sortit du camp pour aller chercher de l'eau sur le côté du fort opposé à celui où l'on se battait. Tout d'un coup, entre les rochers, il voit des escargots, un d'abord, puis un second, puis d'autres encore ; il les ramasse, et dans son ardeur, arrive petit à petit près du sommet. Il observe qu'il n'y a personne, et, obéissant à une habitude de l'esprit humain, il veut réaliser un tour de force. Un chêne très élevé avait poussé entre les rochers ; d'abord légèrement incliné, il s'était redressé et avait grandi en hauteur, comme font naturellement toutes les plantes. Le Ligure s'appuie tantôt sur les branches, tantôt sur les parties saillantes du rocher ; il arrive sur la plate-forme et voit tous les Numides attentifs au combat. Il examine tout, soigneusement, dans l'espoir d'en profiter bientôt, et reprend la même route, non au hasard, nomme d la montée, mais en sondant et en observant tout autour de lui. Puis sans retard, il va trouver Marius, lui raconte ce qu'il a fait, le presse de tenter l'ascension du fort du même côté que lui, s'offre à conduire la marche et à s'exposer le premier au danger. Marius envoya avec le Ligure quelques-uns de ceux qui assistaient à l'entretien, afin de vérifier ses dires ; ils présentèrent l'affaire, suivant leur caractère, comme aisée ou difficile. Pourtant, le consul reprit confiance. Parmi les trompettes et joueurs de cor, il en choisit cinq des plus agiles, avec quatre centurions pour les défendre, enjoignit à tous de se mettre aux ordres du Ligure et décida que l'affaire serait exécutée le lendemain. (94) Au moment fixé, tout étant prêt et heureusement disposé, on gagne l'endroit choisi. Les ascensionnistes, endoctrinés par leur guide, avaient changé leur armement et leur costume. Tête et pieds nus, pour mieux voir de loin et grimper plus aisément dans les rochers, ils avaient mis sur leur dos leur épée et leur bouclier, fait de cuir comme celui des Numides, pour moins en sentir le poids et en rendre les chocs moins bruyants. Le Ligure allait devant et, quand il rencontrait un rocher saillant ou une vieille racine, il y fixait une corde pour faciliter l'ascension des soldats ; de temps en temps, quand les difficultés du sentier leur faisaient peur, il leur tendait la main, et, si la montée était un peu plus difficile, il les faisait passer un à un devant lui en les débarrassant de leurs armes, qu'il portait lui-même par derrière ; dans les endroits dangereux, il allait le premier, tâtait la route, montait et redescendait plusieurs fois, s'écartait brusquement, et donnait ainsi courage à tous. Après de longues et dures fatigues, ils arrivent enfin au fort, désert de ce côté, parce que, comme les autres jours, tout le monde était en face de l'ennemi. Marius, informé par des estafettes de ce qu'avait fait le Ligure, et qui, tout le jour, avait tenu les Numides acharnés au combat, adresse à ses soldats quelques mots d'encouragement ; puis, sortant lui-même des mantelets, il fait former et avancer la tortue, et, en même temps, cherche à jeter de loin l'épouvante chez l'adversaire avec ses machines, ses archers et ses frondeurs. »



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