Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Reprise, répétition, renvoi


Scudéry reprend et répète la doctrine de l’imitation qui gouverne la poétique romanesque dans la « Préface » d’Ibrahim (1641). Le romancier s’autorise de Xénophon, non seulement pour le choix de son héros, mais pour les traits de caractère qu’il lui a donnés, et justifie par la peinture qu’en propose l’historien grec l’adjectif « grand » dont il a affublé son héros. Non content de cette seule autorité, il fournit également une liste d’historiens latins et grecs qu’il dit « [suivre] quasi partout ». Mais, surtout, il réitère les modèles qui sont les siens pour l’écriture romanesque et entérine le couple exemplaire Héliodore-Urfé qui était mis à l’honneur dans la préface du premier roman :

" Je vous dirai donc seulement que j’ai pris et que je prendrai toujours pour mes uniques Modèles, l’immortel HÉLIODORE, et le grand URFÉ, ce sont les seuls Maîtres que j’imite, et les seuls qu’il faut imiter : car quiconque s’écartera de leur route, s’égarera certainement, puisqu’il n’en est point d’autre qui soit bonne : que la leur au contraire est assurée : et qu’elle mène infailliblement où l’on veut aller : je veux dire Lecteur, à la Gloire."

Non seulement une telle formule reprend les références qui étaient celles de la préface d’Ibrahim, mais elle la paraphrase. En effet, elle en retrouve les notions de modèle, de gloire et de régularité, et répète plusieurs termes : le verbe « s’égarer » qui apparaissait à deux reprises, l’idée d’infaillibilité, la métaphore de la route. À cette doctrine de l’imitation s’adjoignent là aussi les notions de régularité d’une part, de plaisir et de gloire d’autre part. Mais, au lieu d’énumérer les différentes règles qui régissent l’écriture romanesque, l’auteur se contente ici de renvoyer à la préface de son ouvrage antérieur :

"Au reste Lecteur, je me suis si bien trouvé des règles que j’ai suivies dans mon Illustre Bassa, que je n’ai pas jugé que je les dusse changer, en composant ce second Roman : de sorte que pour ne redire pas deux fois les mêmes choses, c’est à la Préface de ce premier que je vous renvoie, si vous voulez voir l’ordre que je suis en travaillant sur ces matières."

Le romancier invite par là le lecteur à lire ce second roman dans la lignée du précédent, et à voir dans ces deux ouvrages un même art et un genre unique. Le seul point sur lequel l’auteur revient et pour lequel il reformule une règle déjà définie est la question des rapports entre fiction et histoire. Toutefois la reprise n’est pas à l’identique, mais dans une perspective de renouvellement et approfondissement .

CE



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