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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Promenade galante sur le lac d'Arethuse


A travers sa relation de la promenade galante sur le lac d’Aréthuse (X, 1, 6703-4), dont la description constitue un apport des géographes et historiens antiques, Scudéry crée de nouveau une image harmonieuse de la retraite, faisant se correspondre eau, terre et air par la magie des sons : à l’imperceptible agitation « que donnoient les Rames [au lac]» font ainsi écho

« des Musiciens : qui par une harmonie moitié Champestre, et moitié Maritime, bannissoient le silence de dessus ce paisible Lac : en meslant leurs voix à l'agreable murmure qui faisoient les Rames en battant l'eau : et à celuy d'un petit vent frais qui temperoit la chaleur, et qui agitoit les Tentes dont les Barques estoient couvertes.»

Scudéry ne développe pas seulemement le lien poétique entre mouvements physiques et paysages intérieurs ; elle imprègne cette atmosphère festive d’une vision presque pascalienne de la destinée tragique de l’homme:

« mais lors que nous passions du Lac dans le courant du Fleuve, nous sentions la mesme agitation que si, nous eussions esté sur la Mer : aussi tout le monde n'y fut il pas si long temps que sur le Lac, où la Promenaste estoit plus seure, et plus agreable. Neantmoins il n'y eut personne qui n'eust la curiosité d'aller sur tous les deux : et qui ne voulust esprouver le calme de l'un, et l'agitation de l'autre ».

Expérience collective du repos et du tumulte des eaux que chaque invité savoure avec un plaisir égal, cette promenade maritime serait la métaphore de la vie rythmée par ce qu’appelle Pascal, dans son célèbre fragment « divertissement », « deux instincts contraires », étant l’impossibilité des hommes à demeurer en repos et de parvenir à la jouissance de celui-ci :

« Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l’occupation au dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles; et ils ont un autre instinct secret, qui reste de la grandeur de notre première nature, qui leur fait connaître que le bonheur n’est en effet que dans le repos, et non pas dans le tumulte ; et de ces deux instincts contraires, il se forme en eux un projet confus, qui se cache à leur vue dans le fond de leur âme, qui les porte à tendre au repos par l’agitation, et à se figurer toujours que la satisfaction qu’ils n’ont point leur arrivera, si, en surmontant quelques difficultés qu’ils envisagent, ils peuvent s’ouvrir par là la porte au repos » (Ed. Léon Brunschvicg, Pensées, fragment 139, Paris: Livre de Poche, 1972, p. 69)

SGK



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