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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Perinthe, le faux monnayeur


Le personnage de Perinthe, protagoniste essentiel de l’Histoire de Panthée et Abradate (texte), constitue un exemple d’individu s’efforçant de tirer le meilleur parti des flottements du système signifiant. Perinthe joue continuellement de la dissimulation et de la manipulation qu'autorise le caractère arbitraire des signes. Echouant dans ses manoeuvres, contraint de se dévoiler, victime lui-même de manipulations, il mourra de dépit.

La situation originelle ne lui laissait certes guère d'autre choix que celui de la fraude érigée en principe de vie : amoureux de la princesse Panthée, à laquelle il est inférieur par la naissance, Perinthe se voit dans l’impossibilité absolue de concrétiser un jour sa passion, encore moins de la déclarer. Il adopte dès lors un comportement de dissimulation, cachant ses pensées secrètes même à ses meilleurs amis, se confinant dans une position de retrait, de laquelle il parvient, « sans découvrir son cœur à qui que ce soit », à voir « dans celui de beaucoup de gens ». Tirant profit de la transparence des signes émis autour de lui, il ne met en circulation pour sa part que de la fausse monnaie, ce qui l'apparente, de ce point de vue, à nombre de personnages de Molière (voir Molière et la jalousie). Perinthe s’évertue dés lors continuellement à ne pas être dévoilé, échoue parfois dans sa maîtrise des signifiants (assistant à une entrevue de Panthée et d’Abradate, son principal rival, il s’oublie au point de serrer malencontreusement la main de la suivante qu’il accompagne). Parfois il se tirera d’affaire en inventant d’habiles mensonges destinés à recouvrir ce qu’il laisse transparaître : il prétendra être investi par le père de Panthée de la mission d’entraver la relation de celle-ci avec Abradate.

Mais surtout, en vertu de la dissimulation dont il a fait sa règle de comportement, Perinthe est appelé à occuper régulièrement une position d’intermédiaire, d’interprète, au sein des milieux dans lesquels il évolue. Il en profite pour manipuler les signes à son avantage : sollicité par ses deux rivaux de les servir auprès du père de la princesse, il accepte de se charger de cette mission ; dans les faits, il tiendra des propos exactement opposés à ceux qu’on comptait qu'il transmette. Mais la manipulation est source d’échec également. Perinthe s’embarrasse dans ses efforts pour soutenir contre Panthée l’opinion, extravagante aux yeux de ses congénères, que l’amour peut exister en dépit de la différence de condition. Promu épistolier relateur des nouvelles de la guerre, il ne parvient pas, en dépit de ses manœuvres dilatoires, à empêcher que Panthée ne soit mise au courant des prouesses d’Abradate. Enfin, il est à son tour cruellement victime de la manipulation des signes. C’est son propre nom qui servira de pseudonyme à Panthée lorsqu’elle voudra communiquer de manière voilée avec Abradate.

CB



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