Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Paysages bucoliques


Hypnerotomachia, ou le songe de Poliphile (1499), monument-clef de l’esthétique de la Renaissance, adapté en français par Jean Martin (1546), est une histoire allégorique illustrée, se déchiffrant tel un cabinet de curiosités naturelles (fleurs, arbres, animaux), architecturales et sculpturales, dont semble être inspiré tout un courant littéraire et artistique aux seizième et dix-septième siecles.

«Finalement apres que je fu eschappé de ces cavernes obscures, qui ressembloient proprement une chambre d’enfer, (car ma vie y avoit esté en grand danger, combien que ce fust le tressainct Aphrodise) & que je fu arrivé en celle contrée gracieuse, je tournay la teste pour veoir d’où j’estoye sorty: & regarday une montaigne qui n’estoit pas fort roide, mais moderement declinante en descente, couverte de beaux arbres verdoyans, comme Chesnes, Erables, Tileux, Fraisnes, & autres semblables […] & les oysillons gazouilloient entre les feuilles, si bien que c’estoit grande melodie. Le parterre estoit semé de toutes manieres de fleurs & herbes odorantes convenables en medecine, erozees de ces petits ruisseaux, qui rendoient le lieu si plaisant, que je pensois lors estre aux Isles fortunees : & ne pouvoie croire qu’il feust sans habitation […]». (Le Songe de Poliphile[fac-similé], Paris : Club des libraires de France, 1963, « Livre premier, Poliphile racompte la beaulté de la region ou il estoit entré, et comment il y trouva une belle fontaine, & cinq damoiselles, lesquelles furent emerveillées de sa venue, & le convierent d’aller à l’esbat avec elle », pp. 21-23).

Jean Martin, traducteur d’ Arcadia de Jacques Sannazar (1504), définit dans sa préface dédiée à Monseigneur Reverendissime Cardinal de Lenancourt, l’idéal arcadien en ces termes :

«J’ay fiance que plusieurs gentils hommes & dames vivans noblement en leurs mesnages aux champs, & autres de moindre qualité, lui feront assez bon recueil, veu mesmement qu’elle ne traicte guerres, batailles, bruslemens, ruines de pays, ou telles cruaultez enormes, dont le recit cause a toutes gens horreur, compassion, & melancholie, reservé aux ministres de Mars, qui ne se delectent qu’en fer, feu, rapines & subversions de loix divines et humaines. Tel subgect, a la verité, n’est conforme a ceste Arcadie, car elle ne represente que Nymphe gracieuses, & jolyes bergeres, pour l’amour desquelles jeunes pasteurs soubz le fraiz umbrage des petiz arbrisseaux et entre les murmures des fontaines chantent plusieurs belles chansons, industrieusement tirees des divins Poetes Theocrite et Virgile: avec lesquelles s’accorde melodieusement le ramage des Oysillons degoysans sus les branches verdes, tellement que les escoutans pensent estre raviz aux Champs Elysées. » (L’Arcadie de Messire Jacques Sannazar, Paris : Michel de Vascosan, 1544, p. 2)

L’Arcadie : « solitude sociable »:

L’on voyoit icy des montagnes dont les crouppes estoient peuplees d’une infinité de grands arbres : & là des valees dont la condition plus basses estoit recompensee de belles sources argentines qui menoient serpentant leur cristal dans de grandes prairies esmaillees de toutes sortes de fleurs, avec de beaux taillis, dont le concert de milles petits oyseaux qui s’y venoient percher, rendoient encor l’ombre plus agreable. En un mot, il y avoit une infinité de beaux pasturages, & quantité de troupeaux qui paissoient l’herbe en toute seureté, tandis que leurs petits Agnelets beeloient apres leurs meres-brebis. Icy un Berger enfloit sa musette sans rien aprehender. Là une Bergerotte tricotoit & chantoit si doucement tout ensemble que sa voix soulageast le labeur de ses mains : & que ses mains servissent de cadence à l’Harmonie de sa voix. Quand aux maisons de ce pays, (car ils en voyoient plusieurs) elles estoient esparses çà & là, non pas pourtant si loing, qu’elles ne peussent tirer secours l’une de l’autre. Bref c’estoit aussi bien le Portraict d’une solitude sociable, que d’un desert habité. (L’Arcadie de la Comtesse de Pembrok, Premiere partie, composée par Messire Philippes Sidney, Chevalier Anglois. Traduitte en nostre langue par un Gentilhomme françois, Paris: Robert Foüet, 1625, pp. 33-34,

Effroi en Arcadie:

Et nous n’eusmes pas pas faict gueres plus de deux mille pas de voye, que nous arrivasmes a la source d’un fleuve nommé Erymanthus, lequel par une crevasse de roche vive se gette en la plaine, faisant un bruyt merveilleux & espouventable par ses bouillons si violentz, qu’ilz engendrent force escume blanche : et courant par icelle plaine, il fasche & presque assourdit de son murmure les foretz circumvoysines, ce qui de primeface feroit peur inestimable a qui yroit sans compagnie se promener la au long : & non certes sans bonne cause : car fuyant la commune opinion des prochains habitans, lon tient quasi pour certain, que c’est le repaire des Nymphes du pays, lesquelles font ce bruyt ainsi estrange pour mettre frayeur es courages de ceux qui en voudroient approcher. (Sannazar, op. cit., p. 28)

SGK



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