Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Merveilleux dans Le Grand Cyrus


Le merveilleux tient une place importante dans la poétique de la description. C’est lui qui éveille l’intérêt du lecteur, qui apporte, en grande partie, le divertissement recherché par la romancière. Cette notion est définie par Furetière de la façon suivante :

« qui est admirable, excellent, rare, surprenant. […] Un bonne pièce de Theatre doit avoir du merveilleux et du surprenant ».

Dans la conversation de Clélie sur l’invention de la fable, Madeleine de Scudéry étend la nécessité du merveilleux à la composition romanesque :

«Les choses merveilleuses bien loin d’être deffendues, sont necessaires, pouveu qu’elles n’arrivent pas trop souvent et qu’elles produisent de beaux effets : & il n’y a que les choses bizarres ou impossibles qui soient absolument condamnées. […] Ainsi, il faut […] inventer [des choses] qui soient merveilleuses & naturelles tout à la fois, car sans cette derniere qualité, il n’y a point de merveille qui puisse plaire à une personne raisonnable.» (1)

Si ce passage souligne l’importance du merveilleux pour la poétique du roman, il le soumet aussi à la notion de vraisemblance (voir topographies et vraisemblance). Cette exigence d’un merveilleux raisonnable apparaît clairement dans Le Grand Cyrus à travers le traitement romanesque du mythique anneau de Gyges qui rend transparente toute personne qui le porte. Ce joyau, dont la légende est contée par Platon dans La République (II, 359-360) joue un rôle important dans l’intrigue du roman. En effet, c’est grâce à cette bague magique que le Roi de Pont et sa prisonnière Mandane parviennent à fuir de Sardes encerclée (voir Nouvel enlèvement de Mandane par le Roi de Pont). Non contents d’emprunter le légendaire objet à Platon, les Scudéry tentent de rendre l’épisode encore plus vraisemblable. En effet, ils nous renseignent sur le matériau dont l’anneau est composé : l’héliotrope. Cette roche originaire d’Ethiopie dans la tradition antique est décrite par Pline (XXXVII, 60) qui mentionne cette « merveilleuse vertu » : le porteur de cette pierre peut devenir invisible aux autres.

On le voit, la caution d’une source pourtant renommée ne suffit pas, les auteurs ont jugé bon de rendre la merveille de l’anneau de Gyges encore plus raisonnable et vraisemblable, grâce à une explication plus « naturelle » du phénomène.

SC

(1) M. de Scudéry, La Promenade de Versailles, Paris, Honoré Champion, 2002, p. 69.



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