Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Mariage forcé


Les conversations sur le rôle des femmes au sein de la relation amoureuse, ainsi que la question du mariage à travers les histoires du Grand Cyrus, tendent à esquisser une situation idéale, dans laquelle la dame serait libre de consentir ou non à se marier. Le mariage forcé revêt par conséquent une connotation particulièrement négative tout au long du roman. Plusieurs histoires illustrent en effet les menaces et les dérives occasionnées par une union arrangée. Que le mariage de l’enfant soit décidé le père, la mère ou les deux parents, il engendre situations similaires : les jeunes filles sont délaissées par des amants qui, fort de leur bon droit, n’éprouvent aucun sentiment, sinon du mépris, à l’égard de leurs promises. Celles-ci, ne ressentant qu’aversion pour leurs fiancés imposés, ne sont donc nullement des amantes éconduites. Des fiancés, tel Menecrate ou Astidamas, deviennent certes volages, mais ne renoncent toutefois pas au mariage, car ils y perçoivent un intérêt financier ou social, ce qui crée une forte tension au niveau de l’intrigue.

Le motif du mariage arrangé se trouve au cœur de l’intrigue de l’ « Histoire de Thrasimede et Arpalice » (VI, 3). Orpheline, la jeune fille est tenue de respecter les dernières volontés de ses parents, qui souhaitaient la voir épouser Menecrate et lui offrir sa fortune. Assuré de se voir un jour bénéficiaire des biens d’Arpalice, Menecrate ne porte aucune attention à sa fiancée, malgré l’esprit et la beauté de celle-ci. Délaissée par le jeune homme, mais constamment surveillée par les parents de ce dernier, Arpalice est bientôt surnommée « la Belle Esclave ». Après une série de quiproquos, l’affaire est soumise au jugement de Cyrus, lequel doit décider si Arpasie épousera son amant ingrat mais légitime, Menecrate, ou au contraire Thrasimede, sincèrement dévoué à Arpasie. Cyrus se prononce en faveur du mariage d'amour.

De son côté, l’héroïne de l’ « Histoire d’Arpasie » (X, 1) se voit promise à Astidamas, pour lequel elle éprouve une forte aversion. Son père Gobrias désire par cette union consolider une alliance politique avec la famille du fiancé. La douloureuse résignation de la jeune fille contraste avec l’indifférence et les calculs du père (texte). Toutefois, Arpasie n’épousera pas Astidamas : l’infidélité publique de ce dernier, ainsi qu’un litige entre Gobrias et la famille d’Astidamas, auront raison de ce projet de mariage.

Les rapports de force qui sous-tendent les mariages arrangés s’inversent en partie dans l’ « Histoire d’Istrine » (VIII, 1) : Nitocris, reine d’Assirie, exige que son fils Labinet épouse Istrine, fille de Gadate. Pour des raisons à la fois personnelles et politiques, le prince d’Assirie perçoit injustement cette union comme infâmante. Après avoir tenté de faire enlever Istrine par son rival, il choisit l’exil plutôt que la soumission à la volonté maternelle et royale. Le point commun avec les histoires précédentes est la résignation de la fiancée, qui ne peut s’opposer à l’autorité parentale. Mais, de même que dans les cas d’Arpalice et d’Arpasie, Istrine n’épousera pas Labinet, mais Atergatis, amant sincère et dévoué.

Si les intrigues de Mlle de Scudéry mettent en scène de manière relativement topique des filles soumises à leurs parents, l’ordre des choses – le mariage d'amour – est rétablit symboliquement dans l’ordre de la fiction par les dénouements heureux.

BS



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