Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
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Les traductions au XVIIe siècle


La critique moderne a mis en évidence l’existence de deux courants distincts dans les traductions du XVIIe siècle (1) : celles qui respectaient fidèlement les textes grecs ou latins et celles, plus libres, qui prenaient de la distance avec le texte d’origine. Ces dernières ont été nommées les « Belles Infidèles », d’après l’appellation que donnèrent les contemporains aux traductions de Perrot d’Ablancourt (1606-1664). La faveur que connut cette seconde catégorie entraîna de grandes controverses sur le rôle de la traduction : doit-elle respecter fidèlement le texte original, ou adapter la langue et le style aux lecteurs contemporains et même corriger les informations données par l’auteur lorsqu’elles sont inexactes ?

Pour lire les textes antiques dont ils se sont inspirés, les Scudéry ont certainement eu recours fréquemment à des traductions. Ceci vaut d’autant plus pour Madeleine, qui, semble-t-il, ne maîtrisait pas les langues anciennes. Il s’agissait probablement en priorité de traductions françaises, mais il n’est pas exclu que les auteurs aient consulté aussi de versions italiennes ou espagnoles, si la française leur faisait défaut.

Il est parfois possible de reconnaître, dans le Grand Cyrus des passages extraits d’auteurs antiques. Il est donc intéressant de tenter d’identifier les traducteurs des textes en question. Pour les Histoires d’Hérodote, par exemple, il existait à l’époque des Scudéry, deux traductions : une de Pierre Saliat datant de 1556, et une autre publiée peu avant la parution du Grand Cyrus par Pierre Du Ryer. La comparaison révèle que c'est très vraisemblablement la version de Du Ryer qu’utilisèrent les Scudéry. Ceci est suggéré notamment par un détail : le nom du père de Sapho. Selon les sources antiques, celui-ci se nommait Scamandronyme ; pourtant, dans le Grand Cyrus, apparaît le nom Scamandrogine (GC. p. 6902). Ce nom se trouve également dans la traduction de Du Ryer (Hdt. II, 135) (2). La traduction consultée peut donc parfois expliquer le choix de certains termes ou formules qui ne sont pas présents dans les textes antiques.

Malheureusement, on ne dispose pas systématiquement de tels indices, et on ne peut qu’avancer des hypothèses. Pour Xénophon, par exemple, il existe plusieurs éditions susceptibles d’avoir servi aux auteurs du Grand Cyrus. En ce qui concerne Pline, en revanche, les éditions étaient moins nombreuses, et la seule traduction française de la totalité de l’œuvre, disponible en 1650, était celle d'Antoine Du Pinet (1562). Toutefois, il existait des œuvres réunissant des passages de Pline traitant un même sujet ainsi que des œuvres intermédiaires qui compilaient des informations provenant de plusieurs auteurs antiques.

(1) Cf. R. Zuber, Les « Belles infidèles » et la formation du goût classique, Paris, 1995

(2)Artamène ou Le Grand Cyrus, choix d'extraits, présentés par Claude Bourqui et Alexandre Gefen, éditions Flammarion, collection "GF", p.446

JR



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