Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Les épîtres dédicatoires


Deux épîtres dédiées à la duchesse de Longueville, sœur du Grand Condé, accompagnent le premier et le dernier volume du Grand Cyrus. Tandis que la seconde se distingue par sa brièveté et son caractère politique (l’auteur réitère sa fidélité à Anne-Geneviève de Longueville, alors exilée au château de Montreuil-Bellay), la première lettre présente de nombreux éléments passibles d’une lecture métapoétique. On décèle ainsi des analogies entre la composition des frontispices et celle de la première épître dédicatoire. Dans les deux cas, l’auteur met en œuvre des stratégies rhétoriques qui confondent les figures de la dédicataire, du héros historique et du héros romanesque. Par ailleurs, les frontispices comme l’épître évoquent en filigrane les conditions d’accession d’une femme à la scène littéraire.

Dès les premières lignes de la première lettre, l’auteur évoque « la glorieuse conformité » entre l’illustre dédicataire et le héros, ainsi que le bénéfice que ce dernier peut tirer d’une comparaison avec celle-là. L’écrivain dépeint « la splendeur et l'éclat qui rejalira sur luy [Cyrus] de vostre illustre Nom, si vous agreez qu'il le mesle parmy ses Lauriers, et qu'il le porte par toute la Terre » (Je souligne). Or l’évocation mystérieuse d’un illustre nom est présente sur huit des dix frontispices, contenue dans les légendes énigmatiques. La gloire du nom de la dédicataire s’étend ainsi à la figure de Cyrus, opérant imperceptiblement un glissement entre le héros historique et le héros romanesque.

Par ailleurs, le partage de cette gloire s’effectue sous l’égide de l’auteur, qui termine l’épître par un éloge à peine dissimulé de ses propres talents littéraires. Il dit en effet « craindre pour Artamene », car l’esprit de la duchesse de Longueville est seul en mesure de stigmatiser les défauts de l’œuvre, seul « capable de voir, ce que mille autres ne verroient pas ». Ce compliment permet à l’auteur de rappeler au passage « que toute la France [a] assez bien reçeu [s]on Illustre Bassa, et que les Nations Estrangeres l'[ont] traduit en leur Langue ».

L’insistance de l’épître sur la qualité de sœur du Grand Condé suggère en outre une interprétation réflexive de ces propos par rapport à la relation qui unit Georges et Madeleine de Scudéry dans l’élaboration du roman. La duchesse de Longueville n’est en effet pas seulement louée pour la noblesse de ses origines et les perfections de sa beauté et de son esprit, mais également en sa qualité de sœur du Grand Condé : « de quelle gloire ne brillera pas Vostre Altesse, lors qu'on la verra digne Soeur d'un Prince tout couvert de Palmes et de Lauriers ? » ou encore « Ainsi Madame, estre digne Soeur d'un Frere tel que le vostre, c'est estre tout ce qu'on peut estre ; et plus que personne n'a jamais esté ; et que personne ne sera jamais. » En filigrane de la topique encomiastique, la tentation est grande de déceler une préfiguration de l’avènement de la dixième Muse, l’accession progressive de Madeleine de Scudéry à la scène littéraire, aux côtés d’un frère jouissant déjà d’une grande renommée.

BS



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