Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Le cas de Salluste


Dans le Grand Cyrus, les passages extraits de sources antiques ou modernes sont souvent assez facilement repérables, ainsi que le démontrent les exemples des sacrifices des Perses ou de la bataille de Thybarra. Les sources principales des Scudéry - Hérodote et Xénophon - sont, quant à elles, reprises avec plus ou moins de fidélité au texte, selon le principe général d'utilisation des sources. On constate aussi parfois des mélanges d’informations, extraites de plusieurs auteurs.

Dans son article «Une source du Grand Cyrus: Salluste et la prise de Sardis »(1), J. D. Biard a cru déceler une trace de l'auteur latin en question dans le récit de la prise de Sardis (partie VI, livre 3, pp. 4211-4224). Dans cet épisode, Cyrus et son armée sont bloqués au pied de la ville fortifiée de Sardis, qui, entourée de rochers escarpés, est très difficile d’accès. Après un temps d’attente, Cyrus remarque un soldat lydien qui descend le long du rocher à la recherche de son casque qui avait glissé. Grâce à cette observation, Cyrus repère un chemin qui leur permettra d’entrer dans la ville sans être aperçus des Lydiens.

Cet incident est raconté par Xénophon et Hérodote, mais avec moins de détails que dans le Grand Cyrus. Biard choisit donc de rechercher ces précisions dans un autre texte rapportant un évènement similaire dans son déroulement : la prise de Mulucha par Marius, racontée dans le Bellum Jugurthinum de Salluste. La ville que désire prendre le général romain est aussi protégée par sa situation au sommet d’une roche escarpée. Tout comme pour Cyrus, c’est le hasard qui permettra aux Romains de s’emparer de la place forte, grâce à un chemin que découvre un soldat ligure en ramassant des escargots. De même que les Lydiens pensent être protégés par les obstacles naturels d’un côté de leur ville, les Numides ne montent pas la garde du côté de la falaise.

Biard reconnaît qu’il n'existe pas de similitude de formulation entre le texte de Salluste et celui des Scudéry. Toutefois, il fonde sa thèse sur un certain nombre de recoupements avec l'auteur latin qu’il ne retrouve pas dans Hérodote ou dans Xénophon : le soldat de Salluste grimpe en s’aidant d’un chêne qui pousse sur la pente, celui des Scudéry descend chercher son casque en posant le pied sur des touffes de genêts. De même, lorsque les deux troupes se lancent à l’ascension de la falaise pour attaquer la ville, elles sont équipées très légèrement. Biard remarque encore que dans les deux cas, les troupes ennemies se trouvent de l’autre côté de la ville, ce qui permet aux soldats d’entrer discrètement dans la place forte et de surprendre leurs adversaires.

Biard étaie cette hypothèse d’utilisation de Salluste par le fait que cet incident est raconté dans les strategemata de Frontin. La rubrique « Cyrus » ne s’y trouve qu’à une page de distance de celle de Marius, ce qui pourrait expliquer que les auteurs aient rencontré l’occasion d’un rapprochement des deux épisodes.

(1) Revue d'Histoire littéraire de la France, 78, septembre-octobre 1978, p.781-789

JR



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