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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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La rêverie de Thrasimède


C’est peut-être dans la description de la promenade solitaire de Thrasimede (4094-6) que Scudéry offre au lecteur une définition plurielle et positive de la rêverie, à travers laquelle elle anticipe la rhétorique qui sous-tend l’univers de Rousseau dans Les Rêveries du promeneur solitaire (1776-8). En opposant la rêverie de Thrasimède à « ces resveries qui naissent du murmure d'un Ruisseau, ou du bruit que font les feuilles des Arbres, lors que le vent les agite, ou qui viennent mesme sans sujet », Scudéry décrit un type idéal de rêverie, celui qui résulte du pouvoir de la nature, temple de correspondances synesthétiques, agissant positivement sur les sens du spectateur qui s’y promène.

La rêverie de Thrasimède est différente : elle est liée, non pas à une activité sensorielle mais à une activité mémorielle, en ce qu’elle est motivée par un désir de se plonger par la pensée dans l’histoire de son passé : « il s'assit au pied d'un Arbre, où il se mit à resver assez profondement, sur ses avantures passées ». Sa rêverie finit, cependant, par changer de cours : elle évolue d’un état vers un autre, mémorielle puis cathartique. Enfin « divertie » par la vue d’un « bel objet », le portrait miniature de la belle Arpalice, contrastant avec l’objet de ses pensées (son infidèle amante), sa rêverie autorise la guérison de sa passion.

La suite logique est « qu’insensiblement sa resverie devint plus confuse ». En ne faisant qu’évoquer la confusion que ressent Thrasimède, Scudéry souligne la nature fugitive de la rêverie. Plutôt que de la décrire comme le lieu d’une obsession extatique que provoque la vue d’un portrait de femme dans des scènes pétrachisantes, elle l’investit d’une autre caractéristique, celle d’être la suspension momentanée des sens, de n’être un état d’âme ni tourné vers le passé ni vers le futur : « il resva sans resver à rien, non pas mesme au Portraict qu'il tenoit, et qu'il sembloit regarder ». La dernière étape de cette rêverie, devenue activité contemplatrice sans objet, se double d’un lieu commun, celui de l’endormissement des sens que provoquent des paysages bucoliques (texte). Scudéry ne nous invite pas à entrer dans l’univers fantasmagorique de son personnage masculin, comme Francesco Colonna dans Hypnerotomachia, ou le songe de Poliphile (voir La retraite, lieu d'intrusions). Ici, elle se contente de dépeindre la rêverie comme le lieu d’une délibération avec soi conduisant au repos intérieur, certes momentané, comme le montre la suite de la scène, mais annonciateur de la félicité prochaine de Thrasimède.

SGK



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