Artamène ou
le Grand Cyrus


Projets
CPEM

Le Règne d'Astrée
Molière 21

Navigation
 • Recherche de mots

 • Recherche de pages
 • Téléchargement

Texte
 • Synopsis
 • Partie 1
 • Partie 2
 • Partie 3
 • Partie 4
 • Partie 5
 • Partie 6
 • Partie 7
 • Partie 8
 • Partie 9
 • Partie 10
 • Illustrations

Encyclopédie
 • Sommaire
 • Nouveautés

Documents
 • Textes sources
 • Cartes
 • Bibliographie
 • Liens








 

   

 
accueil  |   projet   |   œuvre   |   édition   |   contacts     

La question des clés pour les topographies


On considère traditionnellement Le Grand Cyrus comme un roman à clé. Les personnages représenteraient des célébrités du XVIIe siècle ou des amis et personnalités gravitant dans le cercle de Madeleine de Scudéry. Victor Cousin (1), le plus grand défenseur de cette thèse, aurait même découvert au XIXe siècle une clé manuscrite du Grand Cyrus à la Bibliothèque de l’Arsenal, mais celle-ci a depuis disparu et son hypothèse est fortement remise en question par René Godenne (2). Il n’en demeure pas moins que certains auteurs ont tenté de chercher des équivalents français à des paysages, des villes, des bâtiments orientaux et autres topographies dans Le Grand Cyrus.

Les propositions de Victor Cousin – qui va jusqu’à reconnaître le lac Léman dans une description du lac d’Arethuse pourtant empruntée mot pour mot à Pline et Strabon – sont trop souvent dénuées de tout fondement. De plus, il paraît clair que cette analyse appliquée à l’ensemble du texte est bien trop réductrice et méconnaît la plupart des sources des topographies. On ne peut néanmoins pas exclure toute influence du paysage français sur les lieux du Grand Cyrus. Outre la description de Phocée, qui doit beaucoup aux souvenirs de la romancière ayant habité Marseille durant quelques mois, Jean Weisgerber (3) avance une hypothèse intéressante au sujet des jardins d’Ecbatane.

Madeleine de Scudéry mentionne trois jardins dans la capitale de la Médie : les jardins du Palais du Roy, les jardins à cent pas d’Ecbatane et les jardins au bord de l’Oronte. Ceux-ci représenteraient, selon Weisgerber, les trois plus grands parcs parisiens : respectivement, les jardins du Louvre, les Tuileries et le Cours-la-Reine. La comparaison entre des cartes de l’époque et certains détails romanesques semble confirmer cette analyse. Miroir de la France, la topographie sert ici un propos encomiastique : par métonymie, Madeleine de Scudéry loue la personne qui a fait construire ces jardins. N’oublions pas que la romancière est également l’auteure d’un texte sur Versailles qui a pour but évident de rendre toute la gloire au jeune roi Louis XIV (La Promenade de Versailles (1669)). Ainsi, ces jardins apparaissent pour la première fois dans le roman liés au palais et à la personne du roi de Médie :

«Je revins donc à la Cour en une saison de festes & de resjouissances : […] Le Roy ne faisoit pas ne Chasse que je n’en fusse : il ne se faisoit pas une assemblée de Dames que je ne m’y trouvasse : j’aimois la magnificence des habillemens ; je me divertissois aux promenades ; & comme vous sçavez que le Palais du Roy & les Jardins d’Ecbatane, sont la plus belle chose du monde, Il n’y avoit point de jour, que ne me fournist un nouveau plaisir.» (Cyrus, p. 403)

SC

(1) V. Cousin, La Société française du XVIIe d’après le Grand Cyrus de Mlle de Scudéry, Paris, Perrin, 1905, 2 vol.

(2) R. Godenne, « Pour une seconde remise en cause des clés supposées des romans de Mademoiselle de Scudéry », Littératures classiques, n° 54, printemps, 2005, p. 247-255.

(3) J. Weisgerber, « Quelques jardins littéraires en France, vers 1650 », in Dalhousie French Studies, n°52, Automne 2000, p. 36-50.



Sommaire | Nouveautés | Index | Imprimer | Accès rédacteurs

Rechercher:



Haut de la page ]