Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Légendes énigmatiques


Une lecture sérielle des énoncés contenus dans les phylactères des frontispices dévoile une certaine parenté entre les légendes et l’énigme, genre littéraire prisé dans les salons, comme en témoigne, entre autres, le grand succès du Recueil des enigmes de ce temps (1646) de l’abbé Cotin. L'énigme participe au sens large de la culture du déchiffrement au Grand Siècle (voir Allégorie et frontispices). Dans Le Grand Cyrus, on trouve ainsi une véritable énigme, inventée par Eumetis (IX, 2):

ENIGME A LA PRINCESSE DE CORINTHE.
Je ne flatte non plus les Rois que les Bergers. Je sers à corriger les deffauts d'autruy sans les connoistre. Je ne parle point et je conseille. Souvent quand je veritable on ne me croit point : et quand je flatte, on me croit tousjours. Une partie du monde se sert de moy à conquerir l'autre. Je me multiplie par ma ruine. (texte).

Le succès de l’énigme repose sur un procédé rhétorique bipartite : d’une part, l’élaboration d’un texte astucieux, qui induit le lecteur en erreur, d’autre part la solution de l’énigme – le mot –, qui doit apparaître dans un second temps comme une évidence absolue. L’auteur des légendes figurant sur les frontispices exploite la première dimension de l’énigme, son instabilité référentielle, son ambiguïté textuelle constitutive. Les légendes des frontispices 2 à 9 se réfèrent en effet à un illustre nom, dont l’identification précise se dérobe pourtant constamment :

Par tout le monde (fr.1)

Par cet illustre nom il est impenestrable (fr.2)

Ce nom le fera durer cent fois plus que les murs que je batis à Troye (fr.3)

Pour parler de ce nom j’ai trop peu d’éloquence (fr.4)

Pour ce nom seulement doivent chanter les Muses (fr.5)

Ce nom est plus fameux que les trois que je porte (fr.6)

J’espargneray ce nom, moy qui n’épargne personne (fr.7)

Qui ne l’honore pas est digne de la foudre (fr.8)

Ce nom est célèbre et sa gloire éclatante / Contre luy vainement je serois inconstante (fr.9)

J’aurois besoin, quoy que je fasse / De toutes les Fleurs du Parnasse (fr.10)

S’agit-il de la dédicataire ? Du conquérant historique ? Du héros fictif ? Ou encore de l’auteur, en l’occurrence Georges ou Madeleine ? Or, si les légendes des frontispices présentent des similitudes énonciatives avec l’énigme mondaine, elles s’en distinguent par le fait qu’elles ne proposent pas une réponse univoque : à aucun moment, l’auteur ne donne le mot de l’énigme. Il n’y a pas qu’un référent possible, à l’instar du miroir, réponse à l’énigme posée par Eumetis. Par ailleurs, la valeur de l’énigme ne réside pas seulement dans l’ingéniosité de l’auteur à induire le destinataire en erreur. La réponse à l’ « énigme » posée par les légendes des frontispices, s’apparente paradoxalement à la prise de conscience, de la part du lecteur, de l’impossibilité d’appréhender de manière univoque, l’identité d’une personne, aussi célèbre soit-elle. Or il s’agit d’une thématique récurrente dans les frontispices (voir Le nom et l’identité et Instabilité).

BS



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