Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Instabilité


Le rapprochement entre le deuxième et le neuvième frontispice, cautionné par la disposition en symétrie inverse des figures masculines et féminines (voir Genre et disposition) souligne l’importance du thème de l’instabilité au sein de la série gravée. On aperçoit, au second plan de la gravure dédiée à Minerve, la figure d’un Sphinx, tandis que la neuvième gravure présente une personnification de la Fortune.

Le deuxième frontispice (fr.2) est le premier à faire mention, dans sa légende, d’« un illustre nom », dont l’identification précise, au fil des gravures, s’apparente à une véritable énigme. Caution mythologique et garant de la profondeur de l’énigme, le Sphinx annonce la dimension obscure des légendes à déchiffrer, confirmée par le texte lui-même.

« Par cet illustre nom il est impenestrable » (voir aussi Légendes énigmatiques).

De même qu’Œdipe était appelé à reconnaître l’homme en l’animal particulier décrit par le Sphinx, le lecteur est invité à déchiffrer l’identité dissimulée derrière cet « illustre nom ». Par ailleurs, la figure dominante de Minerve, déesse de la Sagesse, est à la fois un avertissement et une exhortation à faire preuve de discernement. Le lecteur est ainsi prévenu : sa tâche sera de distinguer, au fil des images et du texte, apparences et évidence. L’estampe fournit en quelque sorte les clefs pour lire les frontispices et le roman.

Si le deuxième frontispice thématise l’instabilité du sens, la figure allégorique du neuvième frontispice (fr.9) – la Fortune – évoque la précarité du sort. Or la légende semble cette fois démentir le contenu de l’illustration.

« Ce nom est celebre, et sa gloire esclattante, Contre lui vainement je serois inconstante ».

Cette assertion intervient à l’orée de la neuvième partie du roman, alors que le monument littéraire est bientôt achevé (voir Apollon bâtisseur de murailles). Or le fait que le nom du héros, qui est également le titre de l’oeuvre – Le Grand Cyrus – soit gravé sur la roue rappelle combien la destinée du héros comme celle de l’ouvrage sont soumises aux caprices de la fortune. De même que le nom du héros, l’œuvre d’art n’échappe pas à la loi de l’oscillation entre faveur et défaveur, et par conséquent (par métonymie en quelque sorte), son auteur non plus. La Renommée peut ou non favoriser l’œuvre, porter « Par tout le monde » (fr.1) un illustre nom, sans que l’auteur n’ait aucune prise sur elle. Comme dans les épîtres dédicatoires, les noms de la dédicataire, du héros, du roman et de l’auteur sont intimement liés. En ce sens, plusieurs éléments dans l’ordre des gravures et le choix des thèmes représentés confirment une lecture, selon laquelle les frontispices allégoriques déploient une interrogation sur les difficultés liées au statut d’auteur, en particulière à celui d’auteur féminin (voir Une Renommée dangereuse).

BS



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