Artamène ou
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Le Règne d'Astrée
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François Chauveau et la « pensée de l'auteur »


Les illustrations du Grand Cyrus, par leur nombre élevé et leur diversité (voir la notice), renforcent la singularité de l’un des romans majeurs du XVIIe siècle. Peut-on dès lors considérer les quarante gravures d’illustration, dessinées par François Chauveau, comme de purs embellissements, participant uniquement de la stratégie promotionnelle d’un éditeur ? Si l’on sait relativement peu de choses sur les liens qui unissent auteurs, éditeurs et illustrateurs, plusieurs témoignages d’époque suggèrent que les illustrations de François Chauveau dépassent le cadre d’une simple traduction iconographique du texte. Dans l’éloge que Charles Perrault consacre au dessinateur et graveur dans Les Hommes illustres, l’auteur des Contes suggère que l’illustration revêt pour François Chauveau une dimension herméneutique, qui tout à la fois éclaire et enrichit la signification d’un texte.

Personne n’a peut-être jamais eu une imagination plus féconde pour trouver et disposer des sujets de tableaux ; tout y était heureux pour la beauté du spectacle, tout y était ingénieux pour la satisfaction de l’esprit, et il entrait dans ses dessins encore plus de poésie que de peinture. Cela peut se vérifier dans le nombre presque infini d’ouvrages qu’il nous a laissé, et particulièrement dans les estampes qui représentent ce qui est contenu dans les livres où elles sont. Il n’y en a point qui n’explique admirablement la pensée de l’auteur, et qui souvent ne l’enrichisse agréablement et judicieusement par de certaines circonstances poétiques qu’il y ajoute. Non seulement il était l’inventeur de la plupart des choses qu’il gravait, mais quantité de peintres s’adressaient à lui secrètement pour en tirer des dessins de tableaux, dont ensuite ils se faisaient honneur. Quand on lui proposait quelque ouvrage il prenait une ardoise, sur laquelle il dessinait la pensée qu’on lui avait proposée, en autant de façons différentes qu’on lui souhaitait, jusqu’à ce que l’on fût content, ou qu’il le fût lui-même ; car on l'était souvent, qu’il ne l’était pas encore (1).

Au-delà de la dimension encomiastique de ce texte, on retiendra surtout l’idée d’une collaboration potentiellement étroite entre l’artiste et certains auteurs dont il est amené à illustrer les écrits. L’intérêt porté par François Chauveau à « la pensée de l'auteur » peut s’avérer précieux, à une période où la notion même d’auteur n’est pas encore fixe, où les œuvres résultent souvent de collaborations multiples, subissant encore des modifications éventuelles entre un état oral et manuscrit et une transposition écrite. L'économie des frontispices invite en effet à lire les frontispices dans une perspective plurielle. L’image et le texte entretiennent-ils des liens de complémentarité, de tension, voire de contradiction ? Peut-on déceler dans la gravure une intention auctoriale ? Comment interpréter un surcroît de sens, mais également une omission, que l’estampe est susceptible de présenter en regard du texte qu’elle illustre ? Enfin, la gravure met-elle en évidence des traits poétiques latents, que l’on retrouverait dans l’œuvre antérieure ou ultérieure de l’auteur ?

BS

(1) Charles Perrault, Les Hommes illustres, D.J. Cupin (éd.), Tübingen, Gunter Narr, 2003, p. 493.



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