Artamène ou
le Grand Cyrus


Projets
CPEM

Le Règne d'Astrée
Molière 21

Navigation
 • Recherche de mots

 • Recherche de pages
 • Téléchargement

Texte
 • Synopsis
 • Partie 1
 • Partie 2
 • Partie 3
 • Partie 4
 • Partie 5
 • Partie 6
 • Partie 7
 • Partie 8
 • Partie 9
 • Partie 10
 • Illustrations

Encyclopédie
 • Sommaire
 • Nouveautés

Documents
 • Textes sources
 • Cartes
 • Bibliographie
 • Liens








 

   

 
accueil  |   projet   |   œuvre   |   édition   |   contacts     

Femmes extravagantes


Les héroïnes du XVIIe siècle ne constituent pas toutes des modèles d’imitation. Si le caractère impétueux et cruel d'un personnage tel que Thomiris, une anti-héroïne, suscite une trouble admiration, d’autres figures féminines, dans Le Grand Cyrus, peuvent être considérées comme simplement ‘extravagantes’, au sens de l’époque, c’est-à-dire que leur comportement s’inscrit en faux contre la bienséance. Pareille attitude menace ponctuellement les amantes éconduites, telle Clorelise ou Cleobuline, mais elle concerne également des femmes qui présentent des traits de caractère innés et immuables, préjudiciables à l’harmonie de la société mondaine.

L'attitude des femmes extravagantes est essentiellement thématisée dans l’ « Histoire de Thrasyle » (VII, 3). Ce dernier, possédant une âme passionnée, s’éprend successivement d’une coquette, d’une indifférente et d’une cyclothymique. Le personnage de la coquette, entre toutes le plus déprécié, est esquissé en quelques lignes, sans même que la romancière lui octroie un nom. Jeune et inexpérimenté, Thrasyle est aveuglé six mois durant par cette femme, avant de se rendre compte de sa véritable nature, et de se détourner d’elle. Il s’éprend ensuite d’une belle et vertueuse jeune fille du nom d’Atalie, laquelle est malheureusement déjà engagée auprès d’un autre homme. Le chemin de Thrasyle croise alors à nouveau celui de deux femmes extravagantes.

Thrasyle tombe en effet sous le charme de Cleocrite, dame de qualité possédant de nombreuses vertus, mais un défaut majeur, « une indifférence si universelle, et si grande, qu’elle fait desesperer ceux qui la connoissent, et qui d'ailleurs l'estiment infiniment ». Le jeune amant expérimente cette indifférence à ses dépens. Un jour, à la suite d'un quiproquo, le bruit de la mort de Thrasyle est répandu. Cleocrite se montre complètement indifférente à cette nouvelle, qui ne l’empêche pas d’aller danser au bal le soir même. En apprenant la réaction de sa bien-aimée, le jeune amant décide de se retirer à la campagne afin de l’oublier.

Après sa rupture avec Cleocrite, Thrasyle tombe amoureux de Lysidice, qui lui témoigne d’abord une grande compassion. Or Lysidice est caractérisée par une inégalité d’humeur prodigieuse. Elle renonce in extremis à se rendre à une fête organisée par Thrasyle, pourtant conforme à ses vœux. Elle accepte également d’épouser le jeune homme, mais se rétracte au dernier moment. Thrasyle décide alors de rompre.

Les attitudes des femmes extravagantes, marquées du sceau de la différence, suscitent de nombreuses conversations (voir conversation et condition féminine. On souffre ainsi la présence de la coquette au sein de la bonne société, bien que personne ne reste dupe longtemps de sa nature. Cleocrite justifie son indifférence universelle comme une arme défensive, qui l’empêche de souffrir à la moindre déconvenue. De son côté, le tempérament cyclothymique de Lysidice est par moment perçu positivement, comme source de surprise et de divertissement. Or ces écarts par rapport à la bienséance ne manquent pas de faire souffrir l'entourage de ces dames, en particulier leurs amants. Intéressantes sur le plan narratif, les figurent de femmes extravagantes interrogent les normes comportementales de la société mondaine, dont elles font partie intégrante.

BS



Sommaire | Nouveautés | Index | Imprimer | Accès rédacteurs

Rechercher:



Haut de la page ]