Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Conversations sur la beauté


La beauté féminine – beauté problématique - fait l’objet de plusieurs conversations dans Le Grand Cyrus (voir aussi Conversation et condition féminine). Au fil de ces conversations, l’empire de la beauté est remis en question à la faveur des qualités de l’esprit et de l’humeur.

Dans l’ « Histoire de Philoxipe et Policrite » (II, 3), l’ekphrasis d’une galerie de tableaux représentant Venus Uranie donne lieu à une conversation sur la beauté féminine. Philoxipe, qui n’a jamais ressenti l’amour, pourrait-il ne pas s’éprendre d’une telle beauté si elle venait à s’animer ? La compagnie raille le jeune homme avec douceur : d’aucuns souhaiteraient pour le bonheur de Philoxipe voir cette dame s’animer et se montrer aussi douce que belle, tandis que d’autres aimeraient la voir stupide et orgueilleuse pour punir Philoxipe de son insensibilité. La beauté est alors perçue de manière traditionnelle comme une arme de séduction féminine redoutable. Et de fait, lorsque Philoxipe reconnaîtra en Policrite le modèle accompli de la peinture, il ne tardera pas à s’éprendre d’elle, malgré leur apparente différence sociale.

Dans l’ « Histoire de Timante et Parthenie » (V, I), la beauté représente par contre une source de chagrin. Parthenie, veuve d’un époux inconstant, reçoit un oracle qui la met en garde contre l’empire de sa beauté. Une conversation s’ensuit, au cours de laquelle les devisants s’interrogent pour savoir si la beauté est, ou non, un bien souhaitable.

La vieillesse, vécue comme dépossession de la beauté, fait également l’objet d’une longue conversation dans l’ « Histoire de Peranius et de Cleonisbe » (VIII, 2). Amathilde se montre totalement angoissée à l’idée d’être exposée à la vieillesse, qu’elle associe uniquement à la laideur. Son attitude suscite une dispute. Glacidie soutient raisonnablement qu’il ne faut pas redouter le vieillissement, lequel s’accompagne simplement d’un changement des intérêts et des plaisirs. Or au terme de la conversation, une dame âgée et affreuse entre dans la pièce. En la voyant, Amathilde est contrainte de sortir, ne pouvant se ranger à l’avis de Glacidie, laquelle maintient au contraire ses paroles. La position de Glacidie, qui dominait la conversation, ne se dément pas devant la réalité. Elle affirme que la beauté féminine est un attribut précieux mais secondaire, qui de surcroît ne remplace jamais la beauté de l’âme.

La beauté des femmes constitue enfin également un thème clef dans l’ « Histoire de Sapho » (X, 2), à laquelle cette qualité fait précisément défaut. Un ami de la poétesse, Alcé, ne supporte pas la présence de femmes laides. Cette particularité donne lieu à une conversation enjouée : Sapho s’insurge contre l’injustice selon laquelle les hommes supportent la laideur chez leurs pairs, mais se désintéressent totalement des femmes laides. Alcé tente tant bien que mal de se défendre. De leur côté, Phaon et Themistogene abondent dans le sens de Sapho, en soutenant que la beauté, bien qu’appréciable, ne doit pas constituer l’attrait principal des dames, dont les qualités se situent avant tout dans l’esprit et l’humeur.

BS



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