Artamène ou
le Grand Cyrus


Projets
CPEM

Le Règne d'Astrée
Molière 21

Navigation
 • Recherche de mots

 • Recherche de pages
 • Téléchargement

Texte
 • Synopsis
 • Partie 1
 • Partie 2
 • Partie 3
 • Partie 4
 • Partie 5
 • Partie 6
 • Partie 7
 • Partie 8
 • Partie 9
 • Partie 10
 • Illustrations

Encyclopédie
 • Sommaire
 • Nouveautés

Documents
 • Textes sources
 • Cartes
 • Bibliographie
 • Liens








 

   

 
accueil  |   projet   |   œuvre   |   édition   |   contacts     

Cérémonies


Le Grand Cyrus offre le récit ou la description de plusieurs types de cérémonies religieuses : fêtes en l’honneur d’un dieu, sacrifices (Cf. les sacrifices des Perses), mariages, etc. Les cérémonies constituent une des parties les plus descriptives du roman, procurant un grand nombre de détails sur les décorations, les vêtements, les pratiques.

La majorité de ces fêtes, bien que portant le nom d’une cérémonie grecque, ne correspondent que très peu à la célébration antique.

Ainsi, la fête des Thesmophories, dont on sait qu’elle était strictement réservée aux femmes, devient, à la partie 9 livre 3, une fête où les femmes principalement font le plus de cérémonies et où guere d'hommes de qualité qui ne s'y trouvent : car ceux qui ne sont plus jeunes, y vont pour honnorer la Deesse seulement : et ceux qui le sont, partageant leur dessein, y vont autant pour voir les Dames, que pour prier Cerés. Le caractère purement féminin de la fête avait pourtant fait l’objet d’une pièce d’Euripide, les Thesmophories.

Un long passage est consacré aux Adoniennes (que l’on connaît actuellement sous le nom d’Adonies), fête en l’honneur de Vénus et d’Adonis, amant de la déesse décédé accidentellement (partie 6, livre1). A nouveau, la fête décrite dans le Grand Cyrus est très différente de la fête antique, ne comportant aucun des rituels qui sont attestées dans les sources. Pourtant, certains des détails symboliques (il est question de femmes habillées en nymphes, de roses et de myrthe ou de parfums orientaux) rappellent certains passages du Chant funèbre en l’honneur d’Adonis de Bion, un poète grec du IIIe siècle av. J.-C.

Dans l’Hisoire de Sesostris et Timarete est mentionnée une fête égyptienne, dont il est brièvement question chez Hérodote (II,62)

« lorsque les Egyptiens se rassemblent à Saïs, tous allument en plein air, pendant la nuit du sacrifice, beaucoup de lampes autour de leurs maisons. Ces lampes sont des vases plats remplis de sel et d’huile, la mèche elle-même est à la surface et brûle toute la nuit. On appelle la fête « fête des lampes ardentes » ceux des Egyptiens qui ne viennent pas à cette assemblée guettent la nuit du sacrifice et, eux aussi allument tous des lampes ; en sorte que ce n’est pas seulement à Saïs qu’il en brûle mais dans l’Egypte entière. »

A partir de cette description, les Scudéry créent une fête beaucoup plus colorée, conservant uniquement une phrase d’Hérodote :

G.C.« Il faut donc que vous sçachiez, qu'il y a une Feste generale par toute l'Egypte, qu'on appelle la Feste des Lampes : qu'on celebre à la gloire d'Isis, et qui est la seule Feste parmy nous, dont la Ceremonie soit esgale dans toutes les Villes, et dans tous les Villages. Vous sçaurez donc, Seigneur, que le jour où on la commence estant arrivé, on orne tous les Temples de mille Festons qui pendent de toutes parts : on jonche toutes les Ruës de Fleurs : et on pare tout le devant des maisons de ce que ceux qui les habitent ont de plus rare. Mais ce qu'il y a de plus particulier, est que lors que le Soleil est couché, et que la nuit commence ; on allume non seulement un nombre infini de Lampes magnifiques dans chaque Temple ; mais encore dans toutes les Ruës ; à toutes les Places publiques ; à toutes les Portes ; à toutes les Fenestres ; sur toutes les Tours ; tout à l'entour des Murailles de toutes les Villes ; au haut des Mats ; sur la Prouë et sur la Poupe des Vaisseaux qui sont aux Ports ; et que la mesme chose se fait à tous les Villages, et jusques aux moindres Cabanes des plus solitaires Bergers : de sorte qu'en une mesme heure, l'Egipte toute entiere est esclairée par des Lampes, qui sont la plus belle et la plus lumineuse nuit du monde. Mais comme parmy nous, on croit que rien n'est plus agreable aux Dieux que les Parfums, et rien si propre à la santé, et à purifier l'air ; chacun adjouste à toutes ces lumieres, un feu de bois aromatique devant sa porte : si bien qu'en un instant, il s'esleve tant d'agreables vapeurs en l'air, que toutes les Campagnes qui environnent les Villes, en sont parfumées. Je ne m'amuseray point à vous dire qu'on chante diverses choses à la loüange d'Isis, et dans les Temples, et dans les Ruës, car cela ne sert de rien à mon sujet. »

Quant au mariage de Cyrus et Mandane, il se passe à l’intérieur d’un temple, les deux amoureux étant assis « sur un superbe throsne qu’on avait eslevé au milieu du temple. » Il s'agit là d'une invention des Scudéry, puisqu’il n’était permis qu’aux prêtres de pénétrer dans les sanctuaires grecs (de même, lors de la cérémonie des Adoniennes, les participants se trouvent également à l’intérieur du temple) : transposition de coutumes du XVIIe siècle dans un cadre du VIe siècle av. J.-C, selon le principe général d'utilisation des sources.

Dans De la connaissance des bons livres (Paris : A. Pralard, 1671), Charles Sorel signalait déjà que les cérémonies décrites dans les romans ne correspondaient que très peu à la réalité:

Chapitre 2, p. 103: «Les ceremonies qu'ils attribuent à plusieurs Peuples pour leurs Sacrifices, leurs Mariages, leurs eslections de Rois, & leurs funerailles sont encore si esloignées de la verité qu'il n'y a aucun Autheur serieux qui en rapporte de semblables, & l'on se rendroit ridicule si l'on les alleguoit sur leur parole.»

JR



Sommaire | Nouveautés | Index | Imprimer | Accès rédacteurs

Rechercher:



Haut de la page ]