Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Apport des géographes et historiens antiques


Hérodote et Xénophon ont non seulement fourni la trame romanesque du Grand Cyrus, mais ils ont aussi contribué à la mise en place du décor oriental. Leurs textes représentent les sources des topographies les plus prisées par les romanciers, avec ceux de Pline et Strabon. Par exemple, la description d'Ecbatane avec ses murailles multicolores (Cyrus, p.411-412) est reprise presque mot pour mot du récit qu’en fait Hérodote (Enquête, I, 98). Ainsi de nombreux passages dépeignant des provinces, des rivières, des villes ou des monuments sont tributaires des informations fournies par l’Enquête : Babylone (Cyrus, p.156-157; Enquête, I, 178-181) ou le Temple de Jupiter Bellus (Cyrus, p. 1069-1071 ; Enquête, I, 181-183). La comparaison entre les deux textes suivants est parlante à cet égard:

«(Artamene) trouva que ceux qui avoient fuy devant luy à diverses fois, avoient repassé la riviere du Ginde: qui descendant des Montagnes Mantianes, passe au travers des Dardaniens: et se va décharger dans le Tigre, pour s'aller rendre avec luy dans le Sein Persique.» (Cyrus, p. 915)

«Quand Cyrus avec ses troupes fut arrivé sur le rivage du fleuve de Ginde, qui descendant des montagnes Mantianes, passe au travers des Dardaniens, & se vient décharger dans le Tigre, qui traverse la ville d'Opis, & se va perdre dans la mer rouge.» (Hérodote) (1)

Il serait possible de multiplier les exemples et les parallèles avec les textes de Strabon ou Pline. La romancière emprunte à ces deux auteurs sa description du lac Arethuse et du Tigre qui le traverse :

«Au moment où il quitte la région montagneuse proche du Niphatès où il a pris sa source, le Tigre traverse ce lac, mais il n’y mêle pas ses eaux tant son courant est rapide. De là lui vient son nom de Tigre, tigris étant le mot qui désigne la flèche chez les Mèdes.» (Strabon, Géographie, XI, 14,8)

«[Le Tigre] naît dans un district de la grande Arménie, par une source remarquable, en plaine ; le nom de cette localité est Élégosine. Tant qu’il coule avec lenteur, il s’appelle Diglito ; on ne commence à l’appeler Tigre que quand son cours s’accélère : c’est le nom que les Mèdes donnent à la flèche.» (Pline, Histoire naturelle, VI, 31, 1)

«[…] le Tigre a cela de particulier, qu’une seule Fontaine qui sort du Mont Niphate, suffit d’abord à le former en Fleuve : il est vray qu’il ne porte pas tousjours le mesme nom : car comme il est fort lent en sa premiere course, les Habitans du Païs l’apellent Diglito, qui veut dire tardif & paresseux : & il ne prend le nom de Tigre, qui veut dire Fleche, que lors que par le penchant des Terres qu’il arrose, il a en effet la rapidité d’un Trait : […]» (Cyrus, p. 6699-6700)

L’intertexte antique se comprend aisément dans le contexte général de l’écriture du Grand Cyrus. Il participe cependant aussi au rôle que doivent remplir les topographies, selon la poétique de la description présentée par les Scudéry : il est un gage de l’exactitude géographique, obéissant ainsi à la notion de vraisemblance. De plus, comme l’a bien mentionné René Godenne (2), il est un moyen pour l’auteure de démontrer son érudition et par là, de répondre au docere professé par Horace dans sa poétique.

SC

(1) Hérodote, Les Histoires d’Herodote mises en françois par P. du Ryer, à Paris, Chez A. de Sommaville, 1660, p. 174.

(2) René Godenne, Les Romans de Mademoiselle de Scudéry, Genève, Droz, 1983, p. 134-135



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