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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Apparences et évidence


Le jugement d’évidence est un jugement qui invite à considérer que les apparences coïncident de manière certaine avec la réalité des choses qu'elles recouvrent. La constatation de cette coïncidence repose sur un autre jugement préalable, de clarté cette fois : le rapport entre apparences et réalité est évalué comme transparent, à tel point que le doute est impossible. Or la clarté peut elle-même être une apparence, soumise par conséquent, à son tour, au jugement d’évidence. Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut miser hardiment sur les vertus de l’évidence et sur les compétences d’interprétation de l'intelligence humaine (voir jalousie et interprétation). Or le jaloux est en délicatesse avec l’évidence. Il se signale par son incapacité à distinguer les fausses apparences des vraies, même dans les cas qui apparaîtront clairs à tout autre individu. Tantôt il gratifiera d'un jugement d’évidence des apparences manifestement trompeuses, tantôt il prétendra dénoncer l'illusion d'apparences pourtant clairement fidèles. Ces errements proviennent du caractère particulièrement fallacieux de certaines apparences (le jaloux est alors « victime des apparences » ; le lecteur, grâce au jeu de la narration (voir Jalousie et narration, en est pleinement conscient), mais avant tout, ils résultent d’une distorsion de la perception, occasionnée par une attitude générale de soupçon à l’égard de l’être aimé et de son inconstance potentielle (voir jalousie et inconstance) .

On ne s’étonnera pas, par conséquent, que les histoires dont les héros sont des jaloux soient fréquemment associées à des épisodes mettant en jeu de manière générale le rôle de l’évidence. La « Suite de l’histoire d’Aglatidas » en fournit deux exemples.

L’épisode du portier

Le portier d’Amestris a éconduit toutes les visites sous prétexte que sa maîtresse était absente. Or, en fin de journée, cette dernière est aperçue sortant de chez elle en compagnie de Megabise. Les apparences témoignent donc avec évidence d’une galanterie (en réalité, Megabise, à l’insu d’Amestris, avait suborné le portier, pour qu’il le laisse monter discrètement avant d’empêcher le passage d’autres visiteurs). Amestris, soupçonnée d’une action indigne, est dans l’impossibilité de convaincre son entourage que les apparences sont trompeuses. Ce n’est finalement qu’en confondant son portier qu’elle parviendra à démontrer l’évidence de son innocence. (texte)

L’épisode de l’épée

Aglatidas est accusé d’avoir tué Otane, mari d’Amestris, au cours d’une bataille. Les apparences sont contre lui, au point que sa culpabilité tient de l’évidence : l’accusation provient du témoignage de Dinocrate, valet d’Otane, témoin visuel du forfait. A titre de preuve, le même Dinocrate présente l’épée d’Aglatidas qu’il a retrouvée plantée dans le corps de son maître. Aglatidas est désemparé : l’évidence objective des preuves de sa culpabilité se heurte à l’évidence de son innocence, fondée sur son expérience subjective (il sait qu’il n’a pas tué Otane). Comme le Sosie de l'Amphitryon moliéresque qui est amené à douter de son existence même, Aglatidas en vient à mettre en cause la seconde des deux évidences, pourtant fondatrice de l’ensemble de son savoir sur le monde. De plus, incapable de « faire voir bien clairement » son innocence, il est banni par Amestris, qui pourtant ne le croit pas coupable. Car, selon elle, la conduite à tenir ne dépend pas de la vérité, mais de ce qu’en croit le monde. Or, pour le monde, ce sont les apparences qui font foi.(texte)

CB



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