Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Amantes éconduites


Les dames peuvent-elles aimer sans être aimées en retour ? Les amantes éconduites encourent-elles inévitablement l’opprobre ? Sont-elles condamnées à se conduire en femmes extravagantes, dans l’espoir chimérique de gagner les faveurs d’un homme indifférent ? Ces questions, sous-tendant certaines conversations sur le rôle des femmes au sein de la relation amoureuse, soulèvent une sorte de tabou social. L’idée d’une amante malheureuse, assumant ses sentiments avec dignité, implique en effet l’acceptation d’un modèle féminin indépendant et délivré du poids du regard masculin.

Or, conformément aux codes qui régissent la société mondaine au Grand Siècle, la déception amoureuse constitue pour l’amante une épreuve menaçante, dans la mesure où elle ébranle raison et passion, incitant la dame à commettre des actes susceptibles de la faire déchoir. C’est le cas de Clorelise (VIII, 3). Persuadée à tort de l’amour d’Artaxandre, lequel est en réalité épris de Telamire, Clorelise met en œuvre une vengeance perfide, qui témoigne de son propre désespoir : Clorelise épouse Algaste, le père veuf de Telamire, afin d’exercer un pouvoir de décision sur la vie de sa rivale et l’éloigner définitivement d’Artaxandre.

Les figures de Thomiris, une anti-héroïne et de Cleobuline (VII, 2) représentent deux attitudes antithétiques face à l’échec amoureux. La reine des Massagettes, ne tolérant pas d’être éconduite par Cyrus, est prête à faire décapiter son amant plutôt que de le voir épris d’une autre. Par la représentation des excès de son comportement, l’auteur stigmatise les débordements de la passion. A l’inverse, Cleobuline, reine de Corinthe, illustre le parcours d’une femme exemplaire, parvenant à surmonter la déception amoureuse, au prix d’une douloureuse prise de conscience, par la force de sa raison.

Ainsi que Renate Kroll (1) l’a mis en évidence, contrairement à la tradition du « paradoxe amoureux », et aux traditions idéalisantes, néo-pétrarquistes et marinistes, l’amour non partagé ne donne lieu, chez Madeleine de Scudéry, à aucun masochisme qui se complairait dans la représentation de soi. Au contraire, il peut devenir une forme de vie acceptable et pleine de sens. L’essentiel réside dans l’intensité du sentiment et l’équilibre de la raison.

BS

(1) Renate Kroll, Femme Poète. Madeleine de Scudéry une die « poésie précieuse », Tübingen, Max Niemeyer, 1996, p. 287 sq.



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