Artamène ou
le Grand Cyrus


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Le Règne d'Astrée
Molière 21

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Page 6999 (page 427 de la partie X, livre second, dans l'édition de 1656)    Citer cette page


desplorer les malheurs de la vie : et à raconter des choses lamentables, avec une voix triste, et langoureuse, comme si elle estoit payée pour pleindre tous les malheurs du Monde. Je sçay encore une Maison où la conversation est bien importune, reprit Erinne, car on n'y raconte jamais que de petites nouvelles de Quartier, dont les Gens de la Cour que le hazard y pousse n'ont que faire, et où ils n'entendent rien. En mon particulier je sçay bien que j'y entendis un jour nommer vingt Personnes, que je ne connoissois pas : que j'y entendis raconter cent petits intrigues obscurs, dont je ne me souciois point du tout, et dont le bruit ne s'estendoit pas plus loin que la Ruë où ils estoient arrivez : et qui de plus estoient si peu divertissans par eux mesmes, que je m'ennuay fort. C'est encore un assez grand suplice, reprit Nicanor, de se trouver dans une grande Compagnie, où chacun a un secret : principalement quand on n'en a pas : et que l'on n'a rien à faire qu'à escouter ce petit murmure que font ceux qui s'entretiennent en parlant tout bas. Encore si c'estoient de veritables secrets, repliqua Sapho, j'aurois patience : mais il arrive bien souvent que ce qu'on dit avec tant de mistere, ne sont que des bagatelles. Je sçay encore d'autres Gens, adjousta Alcé, qui selon moy ont quelque chose de fâcheux, quoy qu'ils ayent aussi quelque chose d'agreable : car enfin ils ont tellement la fantaisie des grandes nouvelles dans la teste, qu'ils ne parlent jamais s'il ne se donne des Batailles ;





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